Mille et un passages, Sally Mann

30 juin 2019

Delphine Maratier, vous avez vu l’exposition consacrée à Sally Mann ?

Oui. Sally Mann donne à voir le reportage famille comme j’aimerai précisément le faire. Il s’agit de portraits, et ici de proches, mais on est dans le reportage : cadrage soigné, belle lumière et présence forte du sujet. Cette exposition pose quelques principes qui sous-tendent ce qu’on appelle le reportage famille. Dans l’exposition, on voit deux familles évoluer au fil des années. La famille de Sally Mann et celle de Virginia sa nurse, qui était noire américaine. Les parallélismes entre ces deux familles, la croissance de chacun….

Ses portraits sont souvent réalisés en extérieur ?

La photo de famille pour moi c’est la famille, mais vue dans son écrin, dans son environnement familier. Ce peut-être la maison bien entendu, mais ce sont aussi : le jardin, les balades, les sorties, les baignades. Une ambiance se dégage de « comment vit-on avec … ». Comment est-ce que nous habitons le paysage que nous avons choisi et les lieux intimes que nous développons avec lui. On peut aussi parler de l’art de vivre en famille, de ses manières… Voici pour définir le sujet.

Comment décrivez-vous le reportage famille ?

Je dirais que le reportage famille c’est le cœur du parent qui regarde des êtres aimés avec l’esthétique du photographe. Ainsi Sally Mann a exploré les liens familiaux par la photographie, en prenant sa famille comme sujet.  Elle traite de la tendresse mais aussi de choses plus délicates comme la colère, ou les conflits entre frères et sœurs… Même si ses photos décrivent des moments fugitifs, elles sont très minutieuses. Elles sont comme des allégories du temps qui passe, elles rendent hommage à la beauté et à la fragilité de l’enfance.

Sally Mann, Mille et un passages
Jeu de Paume, Paris
Du 18 juin au 22 sept 2019.